Raymond Devos
Sélections d'histoires

Où courent-ils ? Ceinture de sécurité Qui tuer ?
Les neufs veaux Ouï-dire Le petit poussin
L'inconnu du 11 Novembre Le savoir choir Dernière heure
Sans dessus-dessous Les choses qui disparaissent Jeux de mains
Tout va trop vite Ma femme En coup de vent
Le flux et le reflux Parler pour ne rien dire Dégoûtant personnage
Les parcmètres Les antipodes A tort ou à raison
Je suis un imbécile Le bout du bout Jésus revient
Migraine infernale La nature est bien faite La mer démontée
Caen L'horoscope Sévère mais juste
Jehanne d'Arc Le plaisir des sens




Où courent-ils ?


L'artiste (entrant) :
Excusez-moi, je suis un peu essoufflé !
Je viens de traverser une ville où tout le monde courait...
Je ne peux pas vous dire laquelle...
Je l'ai traversée en courant.
Lorsque j'y suis entré, je marchais normalement,
Mais quand j'ai vu que tout le monde courait...
je me suis mis à courir comme tout le monde...,
sans raison !
A un moment, je courais au coude à coude avec un monsieur...
- Dites-moi... pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ?
- Parce qu'ils le sont ! Vous êtes dans une ville de fous ici... vous n'êtes pas au courant ?
- Si, des bruits ont couru !
- Ils courent toujours !
- Qu'est-ce qui fait courir tous ces fous ?
- Tout! Tout! Il y en a qui courent au plus pressé... D'autres qui courent après les honneurs... Celui-ci court pour la gloire... Celui-là court à sa perte !
- Mais pourquoi courent-ils si vite ?
- Pour gagner du temps ! Comme le temps c'est de l'argent... plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
- Mais où courent-ils ?
- A la banque. Le temps de déposer l'argent qu'ils ont gagné sur un compte courant... et ils repartent toujours courant, en gagner d'autre !
- Et le reste du temps ?
- Ils courent faire leurs courses... au marché !
- Pourquoi font-ils leurs courses en courant ?
- Je vous l'ai dit... parce qu'ils sont fous !
- Ils pourraient aussi bien faire leur marché en marchant... tout en restant fous !
- On voit bien que vous ne les connaissez pas ! D'abord, le fou n'aime pas la marche...
- Pourquoi ?
- Parce qu'il la rate !
- Pourtant j'en vois un qui marche !?
- Oui, c'est un contestataire ! Il en avait assez de toujours courir comme un fou. Alors, il a organisé une marche de protestation !
- Il n'a pas l'air d'être suivi ?
- Si ! Mais comme tous ceux qui le suivent courent, il est dépassé !
- Et vous, peut-on savoir ce que vous faites dans cette ville ?
- Oui! Moi, j'expédie les affaires courantes. Parce que même ici, les affaires ne marchent pas !
- Et où courez-vous là ?
- Je cours à la banque !
- Ah !... Pour y déposer votre argent ?
- Non ! Pour le retirer ! Moi, je ne suis pas fou !
- ! Si nous n'êtes pas fou, pourquoi restez-vous dans une ville où tout le monde l'est ?
- Parce que j'y gagne un argent fou !... C'est moi le banquier !


Ceinture de sécurité


Mesdames et messieurs, je ne voudrais pas vous affoler, mais des fous, il y en a !
Dans la rue, on en côtoie...
Récemment, je rencontre un monsieur.
Il portait sa voiture en bandoulière !
Il me dit :
- Vous ne savez pas comment on détache cette ceinture ?
Je luis dis :
- Dites-moi ! Lorsque vous l'avez bouclée, est-ce que vous avez entendu un petit déclic ?
Il me dit :
- Oui, dans ma tête !
Je me dis : "Ce type, il est fou à lier !"
J'ai eu envie de le ceinturer...
Mais quand j'ai vu que sa ceinture était noire...
Je l'ai bouclée !!


Qui tuer ?


Un jour,
en pleine nuit...
mon médecin me téléphone :
- Je ne vous réveille pas ?
Comme je dormais, je luis dis :
- Non.
Il me dit :
- Je viens de recevoir du laboratoire le résultat de nos deux analyses.
J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer.
En ce qui me concerne, tout est normal.
Par contre, pour vous... c'est alarmant.
- Quoi ?... Qu'est-ce que j'ai ?
- Vous avez un chromosome en plus...
- C'est-à-dire ?
- Que vous avez une case en moins !
- Ce qui signifie ?
- Que vous êtes un tueur-né ! Vous avez le virus du tueur...
- ... Le virus du tueur ?
- Je vous rassure tout de suite. Ce n'est pas dangereux pour vous, mais pour ceux qui vous entourent... Ils doivent se sentir visés.
- Pourtant, je n'ai jamais tué personne !
- Ne vous inquiétez pas... Cela va venir !... Vous avez une arme ?
- Oui, un fusil à air comprimé.
- Alors, pas plus de deux airs comprimés par jour !
Et il raccroche !
Toute la nuit, j'ai cru entendre
le chromosome en plus qui tournait en rond
dans ma case en moins.
Le lendemain, je me reveille avec une envie de tuer...
irrésistible !
Il fallait que je tue quelqu'un. Tout de suite !
Mais qui ?
Qui tuer ?... Qui tuer ?...
Attention ! Je ne me posais pas la question :
"Qui tu es ?"
dans le sens : "Qui es-tu, toi qui cherches qui tuer ?" ou : "Dis-moi qui tu es et je te dirai qui tuer."
Non !... Qui j'étais, je le savais !
J'étais un tueur... et un tueur sans cible !
(Enfin... sans cible, pas dans le sens su mot sensible !)
Je n'avais personne à ma portée.
Ma femme était sortie...
Je dis:
- Tant pis, je vais tuer le premier venu !
Je prends mon fusil sur l'épaule... et je sors.
Et sur qui je tombe ?
Le hasard, tout de même !
Sur... le premier venu !
Il avait aussi un fusil sur l'épaule...
(Il avait un chromosome en plus, comme moi !)
Il me dit :
- Salut, toi, le premier venu !...
Je lui dis :
- Ah non ! Le premier venu, pour moi, c'est vous !
Il me dit :
- Non ! Je t'ai vu venir avant toi et de plus loin que toi !
Il me dit :
- Tu permets que je te tutoie ? Je te tutoie et toi, tu me dis tu !
Je me dis : " Si je dis TU à ce tueur, il va me tuer ! "
Je lui dis :
- Si on s'épaulait mutuellement ?... D'autant que nous sommes tous les deux en état de légitime défense !
Il me dit :
- D'accord !
On se met en joue...
Il me crie :
- Stop !... Nous allions commettre tous deux une regrettable bavure... On ne peut considérer deux hommes qui ont le courage de s'entre-tuer comme des premiers venus ! Il faut en chercher un autre !
J'en suis tombé d'accord !
Là-dessus, j'entends claquer deux coups de feu et je vois courir un type avec un fusil sur l'épaule...
Je lui crie !
- Alors, vous aussi, vous chercher à tuer le premier venu ?
Il me dit :
- Non, le troisième ! J'en ai déjà raté deux !
Et tout à coup, je sens le canon d'une arme s'enfoncer dans mon dos.
Je me retourne.
C'était mon médecin...
Qui me dit :
- Je viens vous empêcher de commettre un meurtre à ma place...
- Comment, à votre place ?
- Oui ! Le laboratoire a fait une erreur. Il a internerti nos deux analyses. Le chromosome en plus, le virus du tueur, c'est moi qui l'ai !
- Docteur, vous n'allez pas supprimer froidement un de vos patients .
- Si ! La patience a des limites. J'en ai assez de vous dire ! " Ne vous laissez pas abattre ! "
- Vous avez déjà tué quelqu'un, vous ?
- Sans ordonnace... jamais! Mais je vais vous en faire une !


Les neuf veaux


Savez-vous ce qui s'est passé lors de la dernière conférence des Neuf sur l'Europe agricole ?
Pendant que les neufs ministres de l'Agriculture débattaient du prix du porc, il y a un paysan mécontent qui a fait entrer neuf veaux dans la salle.
Une confusion... !
On ne savait plus qui était qui !
A la fin de la conférence, le paysan, au lieu de remporter ses neuf veaux, dans la bousculade qui a suivi n'en a remporté que huit !
Il a emmené un ministre avec.
On ne dit pas lequel !
Ce n'est qu'en arrivant sur le marché qu'il s'en est aperçu.
Au moment de vendre les veaux, il y en avait un qui était invendable.
C'était le... eh oui !
Parce qu'un ministre, ça ne se vend pas !
Ca s'achète parfois ! Mais ça ne se vend pas !
Une fois (je l'avoue à ma grande honte),
je me suis vendu pour pas cher,
et quand j'ai voulu me racheter,
je me suis payé un prix fou !


Ouï-dire


Il y a des verbes qui se conjuguent très irrégulièrement.
Par exemple, le verbe OUIR
Le verbe ouïr, au présent ça fait :
J'ois... j'ois...
Si au lieu de dire "j'entends", je dis "j'ois",
les gens vont penser que ce que j'entends est joyeux, alors que ce que j'entends peut être particulièrement triste.
Il faudrait préciser :
"Dieu, que ce que j'ois est triste !"
J'ois...
Tu ois...
Tu ois mon chien qui aboie le soir au fond des bois ?
Il oit...
Oyons-nous ?
Vous oyez...
Ils oient.
C'est bête !
L'oie oit.
Elle oit, l'oie !
Ce que nous oyons, l'oie l'oit-elle ?
Si au lieu de dire "l'oreille", on dit "l'ouïe", alors :
l'ouïe de l'oie a ouï.
Pour peu que l'oie appartienne à Louis :
- L'ouïe de l'oie de Louis a ouï.
- Ah oui ?
- Et qu'a ouï l'ouïe de l'oie de Louis ?
- Elle a ouï ce que toute oie oit...
- Et qu'oit toute oie ?
- Toute oie oit, quand mon chien aboie le soir au fond des bois, toute oie oit :
ouah ! ouah !
Qu'elle oit, l'oie !...
Au passé, ça fait :
J'ouïs...
J'ouïs !
Il n'y a vraiment pas de quoi !


Le petit poussin


Récemment, je suis entré dans une auberge pour y dîner
et sur la carte, il y avait marqué : "Poussin rôti".
Et... j'ai commandé un poussin rôti.
J'ai vu arriver un petit poussin...
dans une assiette... Hamm !!!
Je n'en ai fait qu'une bouchée dans mon gros ventre !
Un petit poussin !
Vous avez déjà vu un petit poussin ?
C'est mignon à croquer !
C'est une petite boule jaune...
Ca fait : cui-cui...
Il n'était pas cuit !
Et je n'en ai fait qu'une bouchée dans mon gros ventre !
Ca aurait été une vieille poule, encore...
Bon ! Une dure à cuire... elle a vécu !
(Elle a fait son temps !)
Mais un petit poussin... !
J'aurais mieux fait d'aller me faire cuire un oeuf !
Oh, ça ne vaut guère mieux !
Chaque fois qu'on va se faire cuire un oeuf,
c'est comme si on envoyait un poussin se faire cuire !
Parce que, qu'est-ce qui fait le poussin ?
C'est l'oeuf !
Et encore... on ne sait plus !
Il y a ce fameux dilemme que chacun connaît :
Qu'est-ce qui fait l'oeuf ?
C'est la poule ! Bon !
Jusque-là, il n'y a rien à dire.
On est tous d'accord.
Mais qu'est-ce qui fait la poule ?
... C'est l'oeuf !
Alors, la question est :
Qui a commencé ?
Est-ce l'oeuf le père de la poule,
ou la poule la mère de l'oeuf ?
Ca ne peut pas être le coq !
Les coqs, eux, ne pondent pas d'oeufs !
Quoiqu'il n'y ait pas de poules sans eux ! (oeufs)
Sans eux... les coqs !
Comme il n'y a pas de coqs sans elles... (ailes)
Sans elles, les poules !
Evidemment ! Parce que sans ailes,
il n'y aurait ni coqs, ni poules, ni poussins !
Et ce serait tant mieux !
Parce que j'aurais mangé autre chose !
J'aurais mangé du veau...
Un petit veau !
Vous avez déjà vu un petit veau ?
Un vieux boeuf... bon !
Passe encore. Il a vécu... !
Mais un petit veau...
Vous avez déjà vu une petite tête de veau... ?
A la vinaigrette !
J'aurais mieux fait de manger un oeuf,
parce que, comme on dit,
qui mange un oeuf
mange un boeuf!


L'inconnu du 11 Novembre


A propos de la minute de silence,
le 11 Novembre dernier,
j'étais sous l'Arc de Triomphe.
Le président de la République était en train de ranimer la flamme du tombeau.
Toute l'armée française était sur le pied de guerre...
au repos !
Tout à coup, à côté de moi,
j'observce un soldat qui ne m'était pas inconnu...
!!...
Profiltant de la minute de silence,
je lui dis...
(parce que l'on peut en dire, des choses, pendant une minute de silence) :
- Dites-moi, votre visage ne m'est pas inconnu ?
Il me dit :
Ca m'étonnerait ! Personne ne me connaiît !
Moi-même, je ne me connais pas !
Je lui dis :
- Pourtant, vous faites bien partie d'un bataillon ?
Il me dit :
- Oui, mais j'y suis inconnu !
...!!
Je lui dis :
- Vous êtes inconnu au bataillon ?...
Pourtant, vous avez bien un nom ?
Il me dit :
- Oui. On m'appelle "Hep!".
Je luis dis :
- Hep?... Ce n'est pas un nom !
Il me dit :
- Non, c'est un diminutif !
Mon véritable nom, c'est "Hep!Toi là-bas,oui toi!"
!!...
Et puis, la minute de silence se termine.
Je relève la tête...
Il n'était plus là!
...
Et puis, tout à coup,
je crois le reconnaître.
Je lui crie :
- Hep! Toi là-bas, oui toi !
...
Le président de la République se tourne vers moi...
Il me dit :
- Moi ?
Je lui réponds :
- Non, pas toi !
... Je ne l'avais pas reconnu !


Le savoir choir


Son pianiste ayant chu de son tabouret,
l'artiste (au public) !
Vous avez vu comme il a chu ?
(Au pianiste :)
Quand on ne sait pas choir... on ne choit pas !
(Au public :)
Les gens ne savent plus choir !
Ils savent s'asseoir...
mais ils ne savent plus choir !
Ils s'imaginent que choir, c'est déchoir...
Choir n'est pas déchoir !
Un homme qui a chu n'est pas déchu...
à condition qu'il choie bien !
Comme disait mon père :
- Où que tu chois, chois bien !
Parce que mon père savait ce que c'était
que de choir...
Il avait été Auguste de "ch"oirée (rectifiant)
de soirée dans un "ch"irq... (cirque)
sous un chapiteau !
Il faisait ce que l'on appelle des entrées de chute.
Cela consistait à entrer, à se laisser choir
et à crier, d'une voix de perroquet :
- Bonsoir, messieurs-dames... Bonsoir, messieurs-dame !
On l'appelait le père Choir, mon père !
Il avait pas mal chu dans la "ch"...sciure...
- c'est un mot dangereux ! -
et (évidemment) il aurait voulu
que je choie mieux que lui !
Tout petit, il m'incitait à choir...
Il me disait :
- Allez. Chois, mon chou-chou, dans la sciu-sciure !
Il laissait choir son mouchoir de soie.
Il disait :
- Chois comme ce mouchoir de soie... mon chou !
Chois léger !
Quest-ce qu'il a pu me faire choir !!
Non seulement, il me faisait choir chez moi,
mais il m'envoyait choir chez les autres !
Ce n'est pas que l'on choie mal chez les autres,
mais l'on choit mieux chez soi !
Parce que l'on choit sans retenue !
on choit pour soi...
Tandis que chez les autres, avant de choir,
il faut mettre des gants !
- Vous permettez que je choie ici ?... Boum !
Ou bien préfèrez-vous que je choie là ?... Boum !
Quand on a toujours chu dans la "chi"...
dans les copeaux... enfin... des tout petits copeaux...
comme des... chiures de mouches...
(Rectifiant :)
Quand on a toujours chu dans la sciure et que,
soudainement, il faut choir sur le tapis,
on ne choit pas dans son élément !
On choit plus haut... que son rang !
Et quand vous avez mal chu,
on vous le fait savoir :
- Vous avez vu comme il a chu, ma chère .
ou :
- Il manque de savoir choir !
Combien de fois ai-je entendu :
- Il manque de savoir choir !
Parce que dans un certain milieu,
choir, cela s'apprend !
Il y a des cours du choir !
Je les ai "ch"uivis !
Ils vous apprennent à choir... en trois "ch"oirs !
Il y a d'abord le pré-choir.
C'est l'intant qui précède le moment où l'on choit.
Deux, vous avez le choir proprement dit.
Alors là, on choit où l'on peut.
On n'a pas le choix !
Et trois, une fois chu, vous avez l'après-choir !
Moi, j'ai eu des après-choirs difficiles !
Je ne pouvais même plus m'asseaoir !
Comme au bout de trois "ch"oirs,
je n'étais toujours pas fichu de bien choir,
j'ai laissé... tomber !
Et un "ch"... jour, mon père, le père Choir, me dit :
- Chois un peu devant moi que je vois
où tu en es sur le plan choir !
Moi, je n'étais pas chaud... mais je chois !
Il me dit :
- Ce n'est pas que tu chois mal, mais tu chois raide !
Chois souple... chois comme un chat !
Regarde un chat choir... chois comme lui
et tu choiras bien !
Parce qu'un chat sait choir...
Un chien aussi sait choir,
mais moins bien qu'un chat !
Un soir, j'ai vu un chat choir sur un chien,
un chiot, un chow-chow...
un petit chiot de chow-chow !
A la suite de tout un concours de circonstances...
C'est-à-dire que le chat avait vu choir
un perroquet de sont perchoir...
(Il faut remonter plus haut,
sans cela on ne comprend pas.)
Le perroquet avait vu choir un mouchoir d'un séchoir...
C'était le mouchoir de soie du père Choir
qui séchait...
Le perroquet, voyant le mouchoir choir,
avait chu d'où il était perché...
Le chat, voyant le perroquet choir,
s'était lan"ch"é...
- Je n'ai pas un cheveu, là ? -
(L'artiste mime le cheveu qu'il enlève de sa bouche.)
C'est là que le chat a chu sur le chiot !
Sous le poids du chat, le chiot a chu...
Eh bien, le chow-chow a moins bien chu que le chat-chat !
chi! chi!
Attendez, le plus chouette, c'est la chute !
Savez-vous où le perroquet pour"chui"vi
par le chat est venu s'échour ?
Dans les pieds du père Choir qui faisait son entrée,
qu'il est venu s'échouer le perroquet !
Le père Choir, au lieu de faire une entrée de hute,
a fait une chute d'entrée...
et il s'est mal re"ch"u !
Au lieu de choir sur son "ch"éant...
il a chu sur sa mâchoire !
Il ne pouvait plus dire quoi que "ch"e"ch"oit !
Finalement, c'est le perroquet qui,
perché sur le père Choir,
a crié :
- Bon "ch"oir, messieurs-dames !
Bon "ch"oir messieurs-dames !


Dernière heure


Figurez-vous qu'il y a quelques jours,
on sonne à la porte de la maison.
C'était ma belle-mère...
Elle me dit :
- Je sens que ma dernière heure est arrivée,
je voudrais la passer chez vous !
Moi, je me dis : "Une heure, c'est vite passé..."
Je lui dis :
- Entrez, belle-maman !
Pauvre belle-maman !
Je dois dire que j'aurai passé une partie de ma vie
à la semer !
Je l'ai semée partout !
Je l'ai semée sur un quai de gare...
dans la foule...
Je l'ai même semée dans un champ !
(Sans jeu de mots !)
Alors, en l'accueillant...
je ne faisais que récolter ce que j'avais semé !
Bref !
Je luis dis :
- Entez, belle-maman ! Installez-vous !
Une heure se passe.
Rien !
Je lui dis (montrant sa montre) :
- Belle-maman, l'heure tourne !
Elle me dit :
- Vous êtes pressé ?
Je lui dis :
- Moi, non ! Mais vous...
Vous allez vous mettre en retard !
- Oh, elle me dit, je ne suis pas à une seconde près !
Elle chausse ses lunettes et elle se met
à lire les nouvelles de dernière heure !
Alors là, je lui ai dit :
- Belle-maman, ce n'est pas très honnête, ce que vous faites ! quand on a convenu d'une heure, on s'y tient !
C'est vrai !
D'autant que je croyais que sa dernière heure,
elle ferait soixante minutes,
une durée normale, quoi !
Tandis que là, elle n'en finissait plus,
sa dernière heure !
D'autant qu'elle me dit :
- Qu'est-ce qu'on joue ce soir à la télé ?
Je luis dis :
- "Les cinq dernières minutes", belle-maman !
Elle me dit :
- Oh, c'est plus qu'il ne m'en faut !
Et elle s'installe devant le poste.
Quand elle a vue que c'était l'histoire d'un monsieur que essayait de semer sa belle-mère, elle me dit :
- J'ai déjà vue le film. D'ailleurs, il est temps de passer de l'autre côté !
Je lui dis :
- Voilà une sage résolution, belle-maman !
Faites ! Passez donc !
Et elle est passée dans la chambre d'à côté !
Depuis, on est là...
On ne sait plus sur quel pied danser !
De temps en temps, on allume des bougies
pour créer l'atmosphère...
pour l'inciter au recueillement !
Dans ces moments-là, vous vous surprenez à marmonner des phrases ambigües :
- Tiens ? Il y en a une qui ne va pas tarder à s'éteindre !
Forcément ! Cela fait plus d'une heure qu'elle se consume !
Alors les heures passent !
Onze heures !
Vous prendrez bien un bouillon, belle-maman ?
Non ?... Ah !?...
Une heure plus tard :
- Et un bain de minuit, bien glac... Non ?
- Non, mais je fumerais bien une cigarette,
la dernière !
- Ah !! Va chercher le paquet !
Et tout le paquet y est passé !
De plus, elle ironise :
- Oh, je ne sais plus où mettre mes cendres.
Forcément, le cendrier est plein !
Je n'ose pas le vider !
On va encore dire
que j'essaie de semer
ma belle-mère !


Sens dessus dessous


Actuellement,
mon immeuble est sens dessus dessou.
Tous les locataires du dessous
voudraient habiter au dessus !
Tout cela parce que le locataire
qui est au-dessus
est allé raconté par en dessous
que l'air que l'on respirait à l'étage au-dessus
était meilleur que celui que l'on respirait à l'étage en dessous !
Alors, le locataire qui est en dessous
a tendance à envier celui qui est au-dessus
et à mépriser celui qui est en dessous.
Moi, je suis au-dessus de ça !
Si je méprise celui qui est en dessous,
ce n'est pas parce qu'il est en dessous,
c'est parce qu'il convoite l'appartement
qui est au-dessus, le mien !
Remarquez... moi, je lui céderais bien
mon appartement à celui du dessous,
à condition d'obtenir celui du dessus !
Mais je ne compte pas trop dessus.
D'abord, parce que je n'ai pas de sous !
Ensuite, au-dessus de celui qui est au-dessus,
il n'y a plus d'appartement !
Alors, le locataire du dessous
qui monterait au-dessus
obligerait celui du dessus
à redescendre en dessous.
Or, je sais que celui du dessus n'y tient pas !
D'autant que, comme la femme du dessous
est tombée amoureuse de celui du dessus,
celui du dessus n'a aucun intérêt à ce que
le mari de la femme du dessous
monte au-dessus !
Alors, là-dessus...
quelqu'un est-il allé raconter à celui du dessous
qu'il avait vu sa femme bras dessus,
bras dessous avec celui du dessus ?
Toujours est-il que celui du dessous
l'a su !
Et un jour que la femme du dessous
était allée rejoindre celui du dessus,
comme elle retirait ses dessous...
et lui, ses dessus...
soi-disant parce qu'il avait trop chaud en dessous...
Je l'ai su... parce que d'en dessous,
on entend tout ce qui se passe au-dessus...
Bref ! Celui du dessous leur est tombé dessus !
Comme ils étaient tous les deux soûls,
ils se sont tapés dessus !
Finalement, c'est celui du dessous
qui a eu le dessus !


Les choses qui disparaissent


Il y a des choses qui disparaissent
et dont personne ne parle.
Exemple :
Les zouaves !
Nous avions des zouaves, jadis.
Des régiments entiers de zouaves !
Il n'y en a plus un !
Vous pouvez chercher.
Et où sont passés nos zouaves ?
On est en droit de se poser la question.
Qu'on nous dise la vérité !
Où sont passés nos zouaves ?
Ca m'intéresse parce que ma soeur
a été fiancée à un zouave...
Elle lui avait promis sa main.
Plus de nouvelles du zouave !
Alors, la main de ma soeur...
... où la mettre ?
( Au pianiste : )
Ca n'intéresse pas les gens, hein !
Ca ne les intéresse pas !
Je dois dire que la main de ma soeur,
les gens s'en foutent comme de
leur première culotte !
Qui est-ce qui a dit çà ?
Les sans-culottes !
Bravo, monsieur !
Voilà encore une chose qui a disparu,
les sans-culottes !
Et où sont passés nos sans-culottes ?
Qu'on nous dise la vérité !
Où sont passés nos sans-culottes ?
Parce qu'une culotte qui disparaît...
Bon !
Mais cent culottes !...
Qui disparaissent comme ça
dans la nature sans laisser de traces !
C'est douteux.
( Au Pianiste : )
Ca n'intéresse pas les gens, hein ?
Vous savez pourquoi ça n'intéresse pas les gens ?
Parce que ce ne sont pas des évènements.
Ce sont des anecdotes !
Première anectote :
La main de ma soeur.
Deuxième anecdote !
Une culotte.
Troisième anecdote :
Un zouave.
Seulement, si vous prenez la première...
que vous la glissiez dans
la deuxième
qui appartient
au troisième...
Vous obtenez un événement sur lequel
on n'a pas fini de jaser !


Jeux de mains


Un jour, dans un salon... je bavardais... avec des gens. J'avais les deux mains dans mes poches, et tout à coup... alors que j'avais toujours les deux mains dans mes poches... je me suis surpris en train de me gratter l'oreille.
Là, j'ai eu un moment d'angoisse. Je me suis dit ! "Raisonnons calmement... De deux choses l'une ! Ou j'ai une main de trop... et alors j'aurais dû m'en apercevoir plus tôt... ou il y en a une qui ne m'appartient pas !"
Je compte discrètement mes mains sur mes doigts... et je constate que le monsieur qui était à côtè de moi, et qui apparemment avait les deux mains dans ses poches, en avait glissé une dans la mienne par inadvertance...
Que faire ?
Je ne pouvais tout de même pas lui dire :
- Monsieur ! Retirez votre main de ma poche !...
Ca ne se fait pas !
Je me suis dit : "Il n'y a qu'une chose à faire, c'est de lui gratter l'oreille. Il va bien voir qu'il se passe quelque chose d'insolite."
Je lui gratte l'oreille... et je l'endends qui murmure !
- Raisonnons calmement ! De deux choses l'une ! Ou j'ai une main de trop... et alors j'aurais dû m'en apercevoir plus tôt... ou il y en a une qui ne m'appartient pas !
Et il a fait ce que j'avais fait.
Il a sorti sa main de ma poche... et il s'est mis à me gratter la jambe !
Que faire ?
Je ne pouvais tout de même pas lui dire :
- Monsieur ! Cessez de me gratter la jambe !
Il m'aurait répondu :
- Vous me grattez bien l'oreille, vous !
Et il aurait eu raison...
Et puis, ça ne se fait pas !
Et, subitement, j'ai réalisé que ma poche était vide puisu'il en avait retiré sa main.
Je pouvais donc y remettre la mienne !
Lui remettrait la sienne dans sa poche, et chacun y trouverait son compte.
Je retire ma main de son oreille... que je n'avais plus aucune raison de gratter... ça ne se justifiait plus... ! et comme je m'apprêtais à la glisser dans ma poche, il retire sa main de ma jambe... et la remet dans ma poche à moi !
Ah ! l'entêté !
De plus, moi, j'avais une main qui restait en suspens !
Hé !... où la mettre ? C'est qu'une main, ça ne se place pas comme ça ! Ah ! j'ai dit : Tant pis !...
Et je l'ai fourrée dans sa poche à lui !
Il est certain que, momentanément, cela équilibrait les choses ! Mais !... et c'est ce que je me suis dit : "Tout à l'heure... quand on va se séparer... il va se passer quelque chose !"
Eh bien, mesdames et messieurs, il ne s'est rien passé. Il est parti avec ma main dans sa poche !
Alors moi... j'ai couru derrière, je l'ai rattrapé, je l'ai insulté, il m'a insulté... et, petit à petit, on en est venus aux mains !
Quand il a sorti ma main de sa poche, je l'ai récupérée au passage, et je lui ai flanqué la sienne à travers la figure en lui disant :
- Monsieur ! Nous sommes quittes !


Tout va trop vite


Vous avez remarqué comme les gens marchent vite dans la rue ?...
Il y a quelques jours,
je rencontre un monsieur que je connaissais,
je vais pour lui serrer la main,
le temps de faire le geste...
il était passé !
Eh bien j'ai serré la main à un autre monsieur
qui, lui, tendait la sienne à un ami
qui était déjà passé depuis dix minutes.


Ma femme


Ma femme est d'une timidité !... Moi aussi... je suis timide !... Quand on s'est connus, ma femme et moi... on était tellement timides tous les deux... qu'on n'osait pas se regarder !
Maintenant, on ne peut plus se voir !
... Remarquez... je ne devrais pas dire du mal de ma femme... parce que... au fond, on s'aime beaucoup !
J'ai toujours peur qu'elle manque de quelque chose.
Qeulquefois, je lui dis :
- Tu n'as besoin de rien ?
Elle me dit :
- Non ! Non !
Je lui dis :
- Tu n'as pas besoin d'argent ?
Elle me dit :
- Non ! Non, j'en ai !
Eh bien, je lui dis alors ! passe-m'en un peu... parce que, moi, je n'en ai plus !
Nous n'avons pas les mêmes goûts ! Par exemple, moi je dors la fenêtre ouverte; elle dort la fenêtre fermée. Alors, la nuit, je me lève pour ouvrir la fenêtre; elle se lève pour fermer la fenêtre ! Je me relève pour ouvrir la fenêtre; elle se relève pour fermer la fenêtre. Alors... je me relève pour ouvrir la fenêtre. Elle comprend que je suis le plus fort... Elle vient se blottir contre moi, elle ronronne, elle roucoule... Alors, je vais fermer la fenêtre pour que les voisins n'entendent pas !
Quelquefois, elle me dit :
- Je ne suis pas assez belle our toi !
Je lui dis :
- Mais si ! Si tu étais plus belle, je me serais déjà lassé...
Tandis que là... ! je ne m'y sui pas encore habitué !


En coup de vent


L'été dernier... j'avais trouvé en petit hôtel au bord de la mer, pour être tranquille !... Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit ! Au petit jour, j'ai fait la valise, je suis allé voir le patron de l'hôtel. Je luis dis :
- Qu'est-ce-que c'est que votre hôtel ? Le voisin d'à côté n'a pas arrêté de siffler de la nuit.
- Ce n'est pas le voisin, c'est le vent !
- Les portes qui claquent ?
- C'est le vent !
- Ce n'est pas le vent qui faisait tout ce vacarme ?
- Si ! Chaque fois qu'il y a un coup de vent, il y a un élément de la maison qui s'en va !
- Vous le remplacez ?
- Ca coûterait trop cher... Pensez ! Un pan de mur, à l'heure actuelle, ça va chercher plusieurs milliers de francs.
- Légers ?
- Non, lourds ! Légers ?... Pensez... Avec le vent qu'il fait...
- Ca vous fait des chambres en moins, ça !
- Oui ! J'ai débuté ici avec cent chambres... Il m'en reste huit !
- Les clients ne doivent pas rester ?
- Non !... Un coup de vent et... pfuit... il y a un client qui s'en va ! Je perds en moyenne deux clients par nuit !
- Ils ne disent rien ?
- Non, ils sont soufflés ! D'ailleurs, vous êtes le premier client à prendre la porte... Tous les autres sont sortis par la fenêtre !
- Quand ils sortent par la fenêtre comme çà... ils ne vous paient pas ?
- Non, C'est du vol !
- Vous ne les poursuivez pas ?
- Les poursuivre ?... Avec le vent qu'il fait ! Ca mènerait trop loin !
- Il n'y en a pas qui reviennent ?
- Si ! Quelquefois... quand le vent tourne ! Ce sont des clients de passge.


Le flux et le reflux


Cet été, sur la plage,
il y avait un monsieur qui riait !
Il était tout seul,
Il riait ! Il riait ! Ha ! ha ! ha !
Il descendait avec la mer...
Ha ! ha ! ha !
Il remontait avec la mer...
Ha ! ha ! ha !
Je lui dis :
- Pourquoi riez-vous ?
Il me dit :
- C'est le flux et le reflux...
Je luis dis :
- Eh bien, quoi, le flux et le reflux ?
Il me dit :
- Le flux et le reflux me font " marée " !


Parler pour ne rien dire


Mesdames et messieurs..., je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire.
Oh ! je sais !
Vous pensez !
" S'il n'a rien à dire... il ferait mieux de se taire ! "
Evidemment ! Mais c'est trop facile !... C'est trop facile !
Vous voudriez que je fasse comme tous ceux qi n'ont rien à dire et qui le gardent pour eux ?
Eh bien, non ! mesdames et messieurs, moi, lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache ! Je veux en faire profiter les autres !
Et si, vous-mêmes, mesdames et messieurs, vous n'avez rien à dire, et bien, on en parle, on en discute !
Je ne suis pas ennemi du colloque.
Mais, me direz-vous, si on parle pour ne rien dire, de quoi allons-nous parler ?
Et bien, de rien ! De rien !
Car rien... ce n'est pas rien !
La preuve, c'est que l'on peut le soustraire.
Exemple :
Rien moins rien = moins que rien !
Si l'on peut trouver moins que rien, c'est que rien vaut déjà quelque chose !
On peut acheter quelque chose avec rien !
En le multipliant !
Une fois rien... c'est rien !
Deux fois rien... ce n'est pas beaucoup !
Mais trois fois rien !... Pour trois fois rien, on peut déjà acheter quelque chose... et pour pas cher !
Maintenant, si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien :
Rien multiplié par rien = rien.
Trois multiplié par trois = neuf.
Cela fait : rien de neuf !
Oui... Ce n'est pas la peine d'en parler !
Bon ! Parlons d'autre chose ! Parlons de la situation, tenez !
Sans préciser laquelle !
Si vous le permettez, je vais faire brièvement l'historique de la situation, quelle qu'elle soit !
Il y a quelques mois, souvenez-vous, la situation pour n'être pas pire que celle d'aujourd'hui n'en était pas meilleure non plus !
Déjà nous allions vers la catastrophe et nous le savions...
Nous en étions conscients !
Car il ne faudrait pas croire que les responsables d'hier étaient plus ignorants de la situation que ne le sont ceux d'aujourd'hui !
Oui ! La catastrophe, nous le pensions, était pour demain !
C'est-à-dire qu'en fait elle devait être pour ajourd'hui !
Si mes calculs sont justes !
Or, que voyons-nous aujourd'hui ?
Qu'elle est toujours pour demain !
Alors, je vous pose la question, mesdames et messieurs :
Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire je jour même que nous l'éviterons ? D'ailleurs, je vous signale entre parenthèses que si le gouvernement actuel n'est pas capable d'assurer la catastrophe, il est possible que l'opposition d'en empare !


Dégôutant personnage


Il est curieux ! Ce type !
Il est curieux !
Tout à l'heure, dans la rue, je regardais passer une jolie femme...
Il la regardait aussi !
La même !
Je lui ai dit :
- A quoi pensiez-vous en regardant cette jolie femme ?
Il m'a dit :
- A la même chose que vous !
Je lui ai dit :
- Vous êtes un dégoûtant personnage !


Les parcmètres


Les parcmètres, c'est une tricherie !
Vous savez que ça rapporte une fortune aux pouvoirs publics ?
Une fortune !
Je le sais parce que mon voisin s'est fait installer un petit parcmètre clandestin devant chez lui...
Tous les soirs, il va retirer la recette...
Il vit bien !
Il s'est même acheté une voiture !
Evidemment, il l'a mise devant son parcmètre.
Depuis, il ne fait plus un rond.
Mais ça, c'est de sa faute !


Les antipodes


On pourrait en pousser des cris d'alarme,
à propos de pas mal de choses !
Parce qu'il s'en passe, des choses, dans le monde !...
Vous avez vu que les Russes avaient dévouvert l'antimatière...
Vous savez ce que c'est que l'antimatière ?...
C'est le contraire de la matière.
Oh ! ce n'est pas nouveau, je sais !...
De tout temps, chaque chose a eu son " anti ".
Exemple :
Un muet, c'est un antiparlementaire.
Un athée, c'est un antimoine.
Un croyant, c'est un antiseptique.
Les arabes du Caire sont antisémites,
et les sémites sont anti-Caire.


A tort ou à raison


On ne sais jamais qui a raison ou qui a tort. C'est difficile de juger. Moi, j'ai longtemps donné raison à tout le monde. Jusqu'au jour où je me suis aperçu que la plupart des gens à qui de donnais raison avaient tort ! Donc, j'avais raison ! Par conséquent, j'avais tort ! Tort de donner raison à des gens qui avaient le tort de croire qu'ils avaient raison. C'est-à-dire que moi qui n'avais pas tort, je n'avais aucune raison de ne pas donner tort à des gens qui prétendaient avoir raison, alors qu'ils avaient tort. J'ai raison, non ? Puisqu'ils avaient tort ! Et sans raison, encore ! Là, j'insiste, parce que... moi aussi, il arrive que j'aie tort. Mais quand j'ai tort, j'ai mes raisons que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts !!! J'ai raison, non ? Remarquez... il m'arrive aussi de donner raison à des gens qui ont raison aussi. Mais, là encore, c'est un tort. C'est comme si je donnais tort à des gens qui ont tort. Il n'y a pas de raison ! En résumé, je crois qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort !


Je suis un imbécile


Dernièrement, j'ai rencontré un monsieur qui se vantait d'être un imbécile.
Il disait :
- Je suis un imbécile ! Je suis un imbécile !
Je lui ai dit :
- Monsieur... c'est vite dit !
Tout le monde peut dire :
" Je suis un imbécile ! "
Il faut le prouver !
Il m'a dit :
- Je peux !
Il m'a apporté les preuves de son imbécilité avec tellement d'intelligence et de subtilité
que je me demande s'il ne m'a pas pris pour un imbécile !


Le bout du bout


( L'artiste s'adressant à son pianiste : )
- Ne discutez plus, hein !...
Parce que... vraiment...
( S'adresaant au public : )
Ecoutez, l'autre jour, je taillais un morceau de bois...
Mon pianiste vient, il me dit :
- Voulez-vous me passer ce bout de bois, s'il vous plaît ?
Je lui dis :
- Lequel des deux bouts ?
Il me dit :
- Quels deux bouts ? Je ne vois qu'un bout de bois.
Je lui dis :
- Parce que vous vous exprimez mal ! Parce qu'un bois, ça a deux bouts. Alors, il ne faudrait pas dire " un bout de bous ", mais " les deux bouts d'un bois " !
Il me dit :
- Les " deux bouts d'un bois "... D'abord, ça sonne curieux ! On entend " les deux boudins ", on ne sait pas s'il s'agit de bouts de bois ou de bouts de boudin !
Je lui dis :
- Ne plaisantons pas ! S'il s'agissait de bouts de boudin, on dirait " les deux bouts d'un boudin " ! On ne dirait pas " les deux bouts d'un bois " !
Il me dit :
- J'ai toujours appelé un bout de bois un bout de bois, moi ! Alors, passez-moi ce bout de bois !
Je lui passe le bout de bois.
Il prend le bout, il tire dessus et me dit :
- Lâchez l'autre bout !
Je lui dis :
- Vous voyez bien qu'il y a deux bouts !
- Bon, puisqu'ily a deux bouts, gardez ce bout-ci ! Moi, je garde ce bout-là ! Ca nous fera chacun un bout !
Je lui dis :
6 Non ! Ca nous fait encore chacun deux bouts !
Hein ?...
Vous avez compris ça ?...
Si vous cassez le bout de bois en deux, il y a encore deux bouts à chaque bout ! Il y a toujours deux bouts à chaque bout !
Vous avez compris ça ?...
Vous n'avez pas compris ça ?...
Un bout, c'est irréductible !
Vous ne pouvez pas supprimer le bout d'un bout !... ou alors, il faut supprimer le bout entier.
Prenons un bout de machin... vous coupez le bout d'un machin, il reste encore un bout au bout du machin !
Vous avez compris ça ?...
Alors, prenons un bout... un bout de truc.
Vous préférez un bout de truc ?
Vous prenez un bout de truc, vous coupez le bout d'un truc, il y a envore un bout au bout du truc !
Vous n'avez pas compris ça ?...
Prenons un bout de fil...
De fil de téléphone, par exemple. Bon !
Vous coupez le bout...
Il y a encore quelqu'un au bout du fil !
Vous pouvez prendre mon raisonnement
par tous les bouts,
il se tient !


Jésus revient


Je viens de lire sur un mur
une chose étonnante.
Quelqu'un avait écrit :
" Jésus revient. "
C'était écrit en toutes lettres :
" Jésus revient ! "
Vous vous rendez compte !
Jésus !
C'est important !
Jésus !
C'est le ciel !
Et les gens passaient à côté... indifférents :
- Tiens ! Jésus revient ?
Il y en a même qui faisaient des
réflexions désobligeantes :
- Eh bien, il a mis du temps !
Et, pourtant,
si c'était vrai ?
Si Jésus revenait !
Ce serait merveilleux !
" Jésus revient ! "
Il est là !
Où ?
Là !
- Ah ! c'est vous ? Mon Dieu !
Je ne vous avais pas reconnu !
Si j'ai entendu parler de vous ?...
Pensez !...
Quand j'étais petit, on me parlait toujours
du petit Jésus.
Le petit Jésus !
Je vous voyais tout petit !
Et tout à coup,
je découvre... un grand Seigneur !
- Devinez qui vient dînez ce soir ?
Vous me voyez devant la porte>de ma demeure,
annonçant la nouvelle à travers le judas ?
- Devinez qui vient dîner ce soir ?
- Je vous le donne en mille : Jésus !
- Mais non !
- Mais si !
Vous voyez d'ici la scène (Cène).
Il vaudrait peut-être mieux ne pas raviver la Passion !


Migraine infernale


J'ai une migraine ! Infernale !
C'est comme si... il y avait un métro
qui me traversait la tête.
Je prendrais bien de l'aspirine... Mais...
Lorsque j'en prends,
la migraine s'arrête... mais le métro... aussi...
Alors, il y a des gens qui descendent.
Ca fait un ramdam à l'intérieur !
Alors, dès que les oreilles sifflent...
les portes se referment, le métro repart.
Et la migraine revient !
Infernal !


La nature est bien faite


Récemment,
je bavardais avec un ancien officier.
Pendant la guerre,
il avait été le bras droit d'un général.
Il ne lui restait plus que le bras gauche.
Au cours d'une attaque,
alors qu'il avait la main dans la poche,
son bras a été emporté par un obus.
Et la main est restée dans la poche.
Il me disait :
- Ce que la nature est bien faite !
Vous ne pouvez pas savoir
ce qu'il est difficile
de retirer sa main
de sa poche
sans son bras !


La mer démontée


J'avait trois jours devant moi, je dis :
" Tiens, je vais aller voir la mer. "
Je prends le train, j'arrive là-bas.
Je vois le portier de l'hôtel; je lui dis :
- Où est la mer ?
- La mer... elle est démontée !
- Vous la remontez quand ?
- Question de temps.
- Moi, je suis ici pour trois jours...
- En trois jours l'eau a le temps de couler sous le pont...
- Le pont ?... merci... je vais attendre demain.
Le lendemain, je lui demande !
- Où est le pont ?
- Le pont ?... Quel pont ?...
Ben... le pont, quoi !
- Y a pas de pont !
- Comment, il n'y a pas de pont !
- Non... Il y en avait un mais on l'a démonté.
- ... Vous démontez tout ici, alors !
- C'est la guerre !
- Vous la remontez quand ?
- Tous les vingt ans.
- Moi, je suis ici pour trois jours !
- En trois jours, vous avez des chances.
- Bon merci... Je vais attendre demain.
Alors, le lendemain, je me dis :
" Tout de même, avant de partir, il faut que je me débrouille pour voir la mer. "
Je demande au portier de l'hôtel :
- Puis-je voir la mer ?
- Pas possible !
- Pourquoi ?
- Parce que c'est la fête !
- Ah !... c'est la fête !
- Oui... alors on fait le pont.
- Eh bien... si vous refaites le pont, je vais pouvoir voir la mer !...
- Non, parce qu'il y a le feu d'artifice.
- ... Le feu d'artifice, je le verrai de la mer !
- Vous le verrez mieux de votre chambre.
- ... Ma chambre, elle ne donne pas sur la mer !
- Le feu d'artifice non plus !
( Explosant : )
- ... J'm'en fous de votre feu d'artifice !
J'veux voir la mer !
- Pas possible, pas possible !
- Comment, comment ?
- Non, parce qu'il y a les gradins.
- Les gradins ?
- Oui... Ils ont mis les gradins sur la plage pour voir le feu d'artifice.
- ... Ils ont mis des gradins ?... Ils ont mis des gradins ?...
Alors moi, je viens de Paris... Je prends le train... Je me donne du mal...
- ... Pleure pas, tu la reverras, ta mère !
- ... Je veux la voir tout de suite.
- Pas possible ! Pas possible !
Alors je lui dis :
- ... Les gradins... vous les démontez quand ?
- Quand la mer sera remontée.
- ... Vous la remontez quand, la mer ?
Il me dit :
- Quand vous serez parti !


Caen


J'avais dit, " pendant les vacances, je ne fais rien !... rien !... Je ne veux rien faire ".
Je ne savais pas où aller.
Comme j'avais entendu dire : " A quand les vacances ?... A quand les vacances ?... " Je me dis : " Bon !... Je vais aller à Caen... Et puis Caen !... ça tombait bien, je n'avais rien à y faire. " Je boucle la valise... je vais our prendre le car... je demande à l'employé !
- Pour Caen, quelle heure ?
- Pour où ?
- Pour Caen !
- Comment voulez-vous que je vous dise quand, si je ne sais pas où ?
- Comment ? Vous ne savez pas où est Caen ?
- Si vous ne me le dites pas !
- Mais je vous ai dit Caen !
- Oui !... mais vous ne m'avez pas dit où !
- Monsieur... je vous demande une petite minute d'attention ! Je voudrais que vous me donniez l'heure des départs des cars qui partent pour Caen !
- !!...
- Enfin !... Caen !... dans le Calvados !...
- C'est vague !
- ... En Normandie !...
- !!...
- Ma parole ! Vous débarquez !
- Ah !... là où a eu lieu le débarquement !... En Normandie ! A Caen...
- Là !
- Prenez le car.
- Il part quand ?
- Il part au quart.
- !!... Mais (regardant sa montre)... le quart est passé !
- Ah ! Si le car est passé, vous l'avez raté.
- !!... Alors... et le prochain ?
- Il part à Sète.
- Mais il va à Caen ?
- Non il va à Sète.
- !!... Mais, moi, je ne veux pas aller à Sète... Je veux aller à Caen !
- D'abord, qu'est-ce que vous allez faire à Caen ?
- Rien !... rien !... Je n'ai rien à y faire !
- Alors si vous n'avez rien à faire à Caen, allez à Sète.
- !!... Qu'est-ce que vous voulez que j'aille faire à Sète ?
- Prendre le car !
- Pour où ?
- Pour Caen.
- Comment voulez-vous que je vous dise quand, si je ne sais pas où !...
- Comment !... Vous ne savez pas où est Caen ?
- Mais si, je sais où est Caen !... Ca fait une demi-heure que je vous dis que c'est dans le Calvados !... Que c'est là où je veux passer mes vacances, parce que je n'ai rien à y faire !
- Ne criez pas !... Ne criez pas !... On va s'occuper de vous.
Il a téléphoné au Dépôt.
Mon vieux !... (regardant sa montre) :
A vingt-deux, le car était là.
Les flics m'ont embarqué à sept...
Et je suis arrivé au quart.
Où j'ai passé la nuit !


L'horoscope


Je ne sais pas si vous lisez l'horoscope... moi, je le consulte tous les matins.
Il y a huit jours... je vois dans mon horoscope : " Discussion et brouille dans votre mé nage. "...
Je vais voir ma femme :
- Qu'est-ce que je t'ai fait ?
- Rien !
- Alors... pourquoi discutes-tu ?
Depuis, on est brouillé !
Ce matin, je lis dans mon horoscope : " Risques d'accidents. "
Alors, toute la journée, au volant de ma voiture, j'étais comme ça... à surveiller à droite... à gauche... rien !... rien!...
Je me dis : " Je me suis peut-être trompé "...
Le temps de vérifier dans le journal qui était sur la banquette de ma voiture... Paf !... ça y était !
Le conducteur est descendu... il m'a dit :
- Vous auriez pu m'éviter !
- Pas du tout, c'était prévu !
- Comment ça ?
- L'accident est déjà dans le journal !
- Notre accident est déjà dans le journal ?
- Le vôtre, je ne sais pas ! Mais le mien, il y est !
- Le vôtre, c'est le mien !
- Oh !... Eh !... une seconde !... vous êtes né sous quel signe, vous ?
- Balance !
- Balance ?
Je regarde Balance ! Je dis :
- Ah ben non ! Vous n'avez pas d'accident !... vous êtes dans votre tort, mon vieux !
Il y a un agent qui est arrivé... il m'a dit :
- Vous n'avez pas vu mon signe ?- Prenez le journal ! Regardez !... Je ne vais pas regarder le signe de tout le monde !


Sévère mais juste


Je suis sévère mais je suis juste !
Hier soir, je rentre chez moi... qu'est-ce que j'apprends ?
Que le chat avait mangé la pâtée du chien ?
Dehors le chat !
Là-dessus, qu'est-ce que j'apprends ?
Que le chien avait mangé la côtelette de ma femme ?
Dehors le chien !
Là-dessus, qu'est-ce que j'apprends ?
Que ma femme avait mangé mon bifteck ?
Dehors la femme !
Là-dessus qu'est-ce que je découvre ?
Que le lait que j'avais bu le matin était celui du chat !
Alors, j'ai fait rentré tout le monde et je suis sorti...
Sévère mais juste !


Jehanne d'Arc


Jadis on se permettait des choses qu'on n'oserait plus faire maintenant...
Jehanne d'Arc entendait des voix; tout le monde trouvait ça normal.
Allez dire maintenant : " J'entends des voix ! " On va dire : " Il est fou ! "
Et bien moi, j'ai reçu un coup de téléphone curieux...
Déjà la sonnerie... n'était pas comme d'habitude...
Je décroche :
- Allô !... Qui est à l'appareil ?
J'entends une voix de femme qui répond :
- C'est Jehanne !
- Qui ?
- La Pucelle !
Je ne connaissais pas de pucelle...
- Je vous demanderais de préciser !
- Jehanne d'Arc !
- C'est une plaisanterie ?
- Pas du tout ! Je suis une femme sérieuse... Je voudrais vous parler.
- Je vous écoute, Jehanne.
- Pas au téléphone, on pourrait nous entendre !
- Où ?
- Dans le jardin...
Je raccroche... je vais dans le jardin... j'entends :
- Raymond ! Raymond !
Je lui dis :
- Où êtes-vous ?
Elle me dit :
- Là-haut !
Je ne voyais pas bien, je n'avais pas mes lunettes...
- Ah oui ! Je vois comme une toute petite flamme...
- C'est tout ce qui me reste...
- !!!
- Raymond ! Vous allez aller à l'Elysée...
- Oui, Jehanne !
Vous allez voir le président de la République...
- Comment le reconnaîtrais-je ?
- A vue de nez, c'est le plus grand !
- !!!
- Vous direz au président de la République que son histoire de tunnel sous la Manche, moi, Jehanne d'Arc, je considère ça comme une offense personnelle !
Ce n'est pas la peine de les avoir rejetés par au-dessus pour les faire rentrer par en dessous !
MOI : C'est tout ?
JEHANNE : C'est tout !
Pfuitt !... disparue !!!
Ca n'a l'air de rien !... Mais allez frapper à la porte de l'Elysée... allez dire au président de la République : " je viens de la part de Jehanne d'Arc! "
Il va dire :
- Il est dérangé !
Eh bien, j'y suis allé. Pas du tout... Il m'a dit :
- Comment va-t-elle ?
- Elle va bien, monsieur le Président, je vous remercie ! Elle est un peu éteinte... mais...
- Toujours jalouse ?
- De qui ?
- De moi !
- Elle ne m'en a pas parlé, monsieur le Président ! Elle m'a chargé de vous dire...
- Je sais ! Le tunnel sous la Manche...
- Vous êtes au courant ?
- Oui !... Et vous répondrez à Jehanne d'Arc que les ordres... je les reçois directement d'en haut !


Le plaisir des sens


Mon vieux !... le problème de la circulation... ça ne s'arrange pas !...
J'étais dans ma voiture...
J'arrive sur une place...
Je prends le sens giratoire...
Emporté par le mouvement, je fais un tour pour rien...
Je me dis : " Ressaisissons-nous. "
Je vais pour prendre la première à droite : Sens Interdit.
Je me dis : " C'était à prévoir... je vais prendre la deuxième. "
Je vais pour prendre la deuxième : Sens Interdit.
Je me dis : " Il fallait s'y attendre !... prenons la troisième. " Sens Interdit !
Je me dis : " Là ! ils exagèrent !... Je vais prendre la quatrième. "
Sens Interdit !
Je dis : " Tiens. "
Je fais un tour pour vérifier.
Quatre rues, quatre sens interdits !...
J'appelle l'agent.
- Monsieur l'Agent ! Il n'y a que quatre rues et elles sont toutes les quatre en sens interdit.
- Je sais... c'est une erreur.
- Alors ? pour sortir ?...
- Vous ne pouvez pas !
- ! Alors ? qu'est-ce que je vais faire ?
- Tournez avec les autres.
- ! Ils tournent depuis combien de temps ?
- Il y en a, ça fait plus d'un mois.
- ! Ils ne disent rien ?
- Que voulez-vous qu'ils disent !... ils ont l'essence... ils sont nourris... ils sont contents !
- Mais... il n'y en a pas qui cherchent à s'évader ?
- Si ! Mais ils sont tout de suite repris.
- Par qui ?
- Par la police... qui fait sa ronde... mais dans l'autre sens.
- Ca peut durer longtemps ?
- Jusqu'à ce qu'on supprime les sens.
- ! Si on supprime l'essence... il faudra remettre les bons.
- Il n'y a plus de " bon sens ". Ils sont " uniques " ou " interdits ". Donnez-moi neuf cents francs.
- Pourquoi ?
- C'est défendu de stationner !
- !...
- Plus trois cents francs !
- De quoi ?
- De taxe de séjour !
- ! Les voilà !
- Et maintenant filez !... et tâcher de filer droit !... Sans ça, je vous aurai au tournant.
Alors j'ai tourné... j'ai tourné...
A un moment, comme je roulais à côté d'un laitier, je lui ai dit :
- Dis-moi laitier... ton lait va tourner ?
- T'en fais pas !... je fais mon beurre...
- !
Ah ben ! je dis : " Celui-là ! il a le moral !... "
Je luis dis :
- Dis moi ? qu'est-ce que c'est que cette voiture noire là, qui ralentit tout ?
- C'est le corbillard, il tourne depuis quinze jours !
Et la blanche là, qui vient de nous doubler ?
- Ca ? c'est l'ambulance !... priorité !
- Il y a quelqu'un dedans ?
- Il y avait quelqu'un.
- Où il est maintenant ?
- Dans le corbillard !
- !
Je me suis arrêté... J'ai appelé l'agent... je lui ai dit :
- Monsieur l'Agent, je m'excuse... j'ai un malaise...
- Si vous êtes malade, montez dans l'ambulance !